à propos

Dès mon plus jeune âge mon père m’entraîne au bord des gaves béarnais entre Sorde et Port de Lanne. Il m’apprend à capturer les ablettes à l’asticot de brème, les rotengles ventrus au maïs, les gardons au blé cuit parfumé à la badiane, les anguilles à la tripaille de poulet, les brochets au vif, en hiver les chevesnes au cube de sang coagulé sur de la gaze, les pibales au tamis. A cette époque, on n’entendait pas parler de no-kill…toutes les captures passaient à la casserole.

Vient ensuite la période faste du sandre sur des parcours magnifiques en bord de Garonne. Nous pêchions ce beau poisson au toc dans les petits courants sur des bas de ligne de 20/100ièmes avec une ablette vivante lestée d’une chevrotine. Que de casses et de sensations inoubliables ! Et pendant ce temps là mon père tente de me convaincre, sans succès, de le suivre au saumon dans les superbes pools du gave d’Oloron ou de la Grande Nive.

Plus tard, j’ai eu la chance de côtoyer d’authentiques champions de pêche à la truite au toc. Et là ce furent une dizaine d’années intenses où la pêche était en fait une véritable chasse. Nous avions créé une association 1901 nommée HBC (Halieutic Bouffary’s Club) avec un règlement intérieur complètement délirant. Exemple, tous les membres devaient être équipés, en action de pêche, d’une corne de brume. Le nombre de sonneries était codifié, 3 courtes signifiaient l’arrivée du garde pêche ou des gendarmes, 20 longues indiquaient à la troupe qu’un de ses membres était victime d’une diarrhée aigue…Je vous laisse imaginer ce que ça donnait les jours d’ouverture !
Durant cette période, j’ai écumé les rivières de toute la chaîne des Pyrénées, des Cévennes et du sud du Massif Central, jusqu’au jour où la connerie humaine (délestages des boues EDF, captages sauvages, non respect des tailles légales de capture, rejets assassins, etc.) est venue à bout de ce magnifique poisson sauvage.

J’ai eu aussi ma période chasse qui a duré 25 ans. Un quart de siècle de réel bonheur partagé avec un père sauvaginier (surtout bécassier) véritable tireur d’élite. Et un arrêt peu glorieux provoqué par la crainte d’être plombé par de jeunes despérados au sang chaud. A l’époque où je chassais le perdreau dans les vignes héraultaises, il existait un code de bonne conduite qui voulait qu’une vigne ne pouvait être parcourue que par une seule battue. Hélas, les jeunots cités plus haut ne respectent plus rien, alors j’ai décidé de raccrocher ma pétoire.

Et, pour terminer, la période mer débutée par le plus grand des hasards en parcourant le défunt site Pecheaubar. La première rencontre avec Christophe, la seconde avec Alban, la troisième avec Jean-François. Une équipe s’est formée donnant naissance 10 ans plus tard à BRICOLEURRE.

Aujourd’hui à la retraite, je consacre mon temps à la pêche bien sûr mais aussi à la recherche et au développement de leurres en résine de type swimbait articulé. Je consacre également quelques jours par an à l’association CARNATOULOUSE.